Grades en Ju-jutsu

Contrairement à ce que beaucoup ignore, se sont les orientaux qui ont créé les grades de couleurs.

Tous les arts martiaux orientaux comportent donc tous une échelle dite de grades établissant une hiérarchie des pratiquants.

Les grades traduisent les différentes étapes dans la progression des pratiquants.

En Ju-jutsu, art martial non compétitif, (contrairement au Judo et au Karaté) les grades sont donc le reflet des pratiquants de la maîtrise de leur art.Trophée

Les grades sont répartis en deux catégories :

  • - Les « Kyu », qui correspondent aux étapes avant les « Dan »
  • - Les « Dan », à partir de la ceinture noire qui préparent à la maîtrise.

Les « Kyus »

Dans les « Ryu »(écoles anciennes), ils sont au nombre de neuf et ne font l’objet d’aucun signes distinctifs.

En Occident par contre, la plupart des écoles et structures ont adopté le système du Judo : Six kyus, avec les ceintures de couleur correspondantes. Ces étapes sont en relation et décernées avec l’apprentissage des techniques de base avec un temps minimum de pratique :

Grades enfants :

Couleur de la ceinture
Temps minimal par rapport au grade précédent
Blanche
4 mois
Jaune
5 mois
Orange
6 mois
Verte
8 mois
Bleue
10 mois
Rouge
10 mois
Marron
1 an

Grades adultes :

Kyu
Couleur de la ceinture
Temps minimal par rapport au grade précédent
Blanche
4 à 6 mois
Blanche 1 Kyu
6 à 8 mois
Blanche 2 Kyu
6 à 8 mois
Blanche 3 Kyu
8 à 10 mois
Rouge
10 mois à 1 an
Marron
10 mois à 1 an

De ce fait, afin de donner un ordre d’idée sur le temps minimum de travail, on estime que 300 heures de pratique en moyenne (avec un minimum de 250 heures) sont nécessaires pour l’obtention de la ceinture noire 1°dan.

300 heures équivalent à un entraînement de cinq années scolaires à raison de 2 heures semaines ( avec 3 heures de spécialisation appelé Yudan sha à partir du 2° kyu).

« Mieux vaut un entraînement journalier de 10 minutes, qu’une leçon de 10 heures une fois par mois. »

Les « Dans »

Ils correspondent au stade à partir duquel la maîtrise est effective. Ils sont obtenus sur base d’un ensemble d’épreuves dont la nature de la difficulté vont croissant en fonction du niveau :

- Kata correspondant au niveau de grade

- Variantes selon les principes du kata

- Techniques de défense suivant un programme imposé ( saisies diverses, attaques diverses, balayages, projections, clés…)

- Travail personnel (Tokui-waza)

- Combat (Ran dori, Kagari geiko)

- Tokui-waza (techniques personnelles, favorites)

Tableau des grades « Dan » :

Titre
Grade
Couleur de la ceinture
Temps minimal par rapport au grade précédent
Shodan
1°Dan
Noire
1 an
Nidan
2°Dan
Noire
2 ans
Sandan
3°Dan
Noire
3 ans
Yondan
4°Dan
Noire
4 ans
Godan
5°Dan
Noire
5 ans
Shihan
5°Dan
violette

MédailleLe tableau ci-dessus n’est qu’à titre indicatif. Après le titre de « Shihan » (jusqu’en 2002 où il fallait impérativement aller au japon pour obtenir ce titre), il est également possible d’obtenir un titre supplémentaire comme « Kaiden » par exemple mais qui correspond toujours au 5°dan (titre remis selon les écoles anciennes) mais qui hélas certains ayant reçu ce titre s’octroient automatiquement un dan supplémentaire (ce qui est totalement impromptu et devrait attirer l’attention de chacun quant au sérieux dans de tel Dojo, de même que dans certaine fédération qui vont jusqu’à se remettre jusqu’au 10° dan !!! )

Néanmoins, on peut toujours s’interroger sur l’aspect artificiel et relatif qu’il existe derrière la marque de jugement de valeur qu’un individu décerne à un autre avec le grade.

Peut-on vraiment inscrire ce type de rapport sur ce qui porte le nom d’école ? En l’occurrence, bien d’autre valeur doivent s’inscrire dans l’enseignement que cette seule progression d’un grade à un autre si l’on veut que les Arts martiaux constituent une réelle « Voie » de développement personnel et, c’est ici que la qualité de l’enseignement, du guide, du Maître est déterminante, davantage que le détail technique ou le nom que l’on aura donné à son école ou de l’art martial lui-même.

« La valeur des grades n’est pas
uniquement distribuée en rapport d’un nombre de prises ou d’un programme
immuable, mais surtout par l’action de chaque pratiquant basée sur
l’efficacité et l’esprit avec lequel le ju-jutsu et l’Aiki ju-jutsu sont
pratiqués.  »